Budget décodé · Nice
Commençons par ce qui est bien : en avril, les élus niçois ont réduit leurs propres indemnités. Le geste mérite d’être salué. Mais à côté d’une autre ligne du budget, il paraît tout petit.
Le 13 avril, le conseil municipal a voté une baisse de 12,7 % de l’enveloppe des indemnités des adjoints et conseillers. La plupart prennent 10 % de moins, la première adjointe davantage. La majorité annonce environ 200 000 € d’économies par an pour la ville, et 700 000 € pour la Métropole, qui a voté sa propre baisse.
Le maire parle d’« une expression forte de notre volonté de marquer notre respect aux contribuables citoyens ». Soit.
L’autre ligne du budget
En 2025, Nice a payé 8,2 millions d’euros de pénalité pour ne pas avoir assez de logements sociaux. La loi en impose 25 % dans les communes de plus de 3 500 habitants. Ce sont deux années différentes et des montants annoncés, donc on parle d’ordre de grandeur. Mais l’ordre de grandeur est là : plus de quarante fois l’économie faite sur les indemnités. Même en ajoutant les 700 000 € de la Métropole, la pénalité reste neuf fois plus élevée. Précisons aussi qu’elle résulte de retards accumulés sous les mandatures précédentes : la nouvelle équipe en hérite.
Le vrai levier
Baisser le coût des élus, c’est symbolique et c’est bien. Le vrai levier budgétaire, lui, est dans les logements qui manquent. Chaque année sans les construire, la ville paie, donc ses habitants paient, et les familles qui attendent un logement abordable attendent encore.
On aimerait voir voté, publié, et suivi chaque année, un vrai plan pour atteindre les 25 %. Ça vaudrait toutes les économies d’indemnités.

