« Avec moi, la chasse à Cagnes, c’est fini »

Visuel : citation du maire de Cagnes-sur-Mer sur la fin de la chasse

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Animaux · Cagnes-sur-Mer · Chasse

« Soyons cohérents. Si on rend hommage à Brigitte Bardot, on défend son héritage. C’est pourquoi je ne signerai aucune autorisation de battue administrative sur ma commune. Avec moi, la chasse à Cagnes, c’est fini. » Bryan Masson, le maire RN de Cagnes-sur-Mer, l’a dit à Nice-Matin le 1er octobre, en marge du conseil municipal qui venait de donner le nom de Brigitte Bardot à une rue du futur quartier de la Villette.

Il le justifie d’abord par la sécurité : « Ça n’est pas parce qu’on habite sur les collines qu’on doit subir ces battues, les tirs, les cris de l’animal, le sang… Et puis, même si c’est rare, les accidents de chasse, ça arrive. Je suis responsable de la sécurité des habitants. Je ne veux pas voir des armes à feu à côté des maisons. »

Ce n’est pas une interdiction totale : le préfet peut autoriser des battues sans l’accord du maire. « Eh bien le préfet donnera son autorisation. Mais ça sera sans moi », répond Bryan Masson. Le geste reste surtout symbolique : selon Nice-Matin, en dehors des battues, la chasse n’était déjà plus pratiquée à Cagnes depuis vingt ans, le code de l’environnement l’interdisant à moins de 150 mètres d’une voie publique.

D’autres maires vont dans le même sens. À Fréjus, David Rachline (RN) veut interdire la chasse partout où sa commune le peut, sur environ 1 700 hectares. En Haute-Garonne, le village de Lherm fermera un bois communal de 29 hectares à la chasse à partir de janvier 2028, au nom de la sécurité des promeneurs.

L’inquiétude des chasseurs

Dans les Alpes-Maritimes, la fédération des chasseurs n’a pas tardé à répondre. Son directeur, Serge Berrenger, rappelle que le maire « ne pourra pas l’interdire sur les parcelles privées » et prévient : « Quand il y aura des dégâts chez les agriculteurs cagnois, nous ne verserons pas les indemnités. On enverra la facture en mairie. » Chez les maraîchers, une intrusion de sangliers coûte en moyenne 10 000 à 20 000 euros, selon Nice-Matin. La loi impose pourtant à la fédération de payer : il annonce « un bras de fer devant les tribunaux ».

Ailleurs, les fédérations craignent qu’on laisse proliférer sangliers et chevreuils. À Lherm, le directeur de la fédération départementale prévoit « sans doute une prolifération d’animaux ». Même au RN, tout le monde n’est pas d’accord : le maire de Salernes, dans le Var, a appelé ses collègues à ne pas suivre Fréjus.

Analyse et opinion de la rédaction

Bravo, et maintenant ?

On le dit sans détour : un maire qui use de ses pouvoirs pour protéger les promeneurs et les animaux, c’est une bonne chose, quelle que soit son étiquette.

La question des sangliers est réelle et mérite des réponses sérieuses : clôtures, prévention des dégâts, professionnels encadrés. Mais elle ne peut pas servir d’excuse pour ne rien changer. Reste un paradoxe à suivre : à l’Assemblée, les députés du même camp défendent la chasse. On regardera ce que votent ceux du 06.