Les maires · Nice, Cannes, Cagnes-sur-Mer
12 policiers de plus, 12 places de crèche
Au conseil municipal du 12 octobre, la majorité Ciotti a triplé la cellule d’intervention de la police municipale : elle passe de 6 à 18 agents, pour multiplier les contrôles le soir et la nuit. Le même soir, elle a validé 12 places de crèche supplémentaires. Douze, pour une promesse de 1 000 places d’ici la fin du mandat. Rien ne dit que l’une des décisions s’est faite au détriment de l’autre : ce sont deux budgets distincts. Mais votées le même soir, elles disent où vont les priorités.
Les familles attendent toujours
L’opposition a réclamé un vrai plan pour la petite enfance et des horaires élargis pour les parents qui travaillent tôt ou tard. Nous n’avons trouvé aucun calendrier annoncé en réponse. À Nice, la sécurité avance au pas de charge ; les services aux familles, au compte-gouttes.
Une Maison des femmes, mais pas avant fin 2027

Le conseil a créé une Maison des femmes à la villa Paradiso, pour 2,2 millions d’euros : accompagnement social, juridique et psychologique, unité médicale et 12 chambres d’urgence. C’est une bonne décision. Mais l’ouverture complète n’est prévue qu’à l’automne 2027, et les femmes victimes de violences, elles, ne peuvent pas attendre un an. Barre à gauche suivra le chantier.
Après six mois de cumul, Ciotti doit choisir

Élu maire en mars, Éric Ciotti a gardé son siège de député pendant plus de six mois, le temps que la justice examine le recours déposé par la gauche. C’était légal. Mais c’est précisément ce cumul que la loi interdit, pour qu’un maire se consacre à sa ville. Le 9 octobre, le tribunal administratif a rejeté le recours de Juliette Chesnel-Le Roux (Unis pour Nice) : il doit désormais choisir entre la mairie et l’Assemblée nationale.
Le même jugement a annulé l’élection de Pierre Ippolito, quatrième adjoint, jugé inéligible comme « entrepreneur de service municipal ». Il a annoncé saisir le Conseil d’État ; en attendant sa décision, il reste en principe en fonction.
Des caméras d’abord

Réélu avec 81 % des voix, David Lisnard a fixé le cap de son troisième mandat : plus de caméras de vidéosurveillance, une brigade anti-bruit et la promesse de ne pas augmenter les impôts. Combien de caméras, pour quel coût, et quels services publics en face ? Aucun chiffre n’a été donné.
Pour la première fois depuis 2020, le conseil compte une opposition : 4 élus sur 49. Trois sont du Rassemblement national, un seul vient d’une liste de gauche indépendante. À Cannes, la gauche tient sur une seule chaise.
La Maison des artistes fermée après 17 ans
Par une lettre du 20 juillet, la mairie a mis fin au 5 octobre à l’occupation des locaux de la Maison des artistes, un collectif installé depuis 17 ans. La municipalité invoque une « réorientation culturelle cagnoise », sans autre explication publique. Le collectif annonce poursuivre ses activités de façon nomade.
La nouvelle équipe met en avant d’autres projets : une étude de pôle culturel, une extension du domaine Renoir, les 80 ans du château-musée Grimaldi. Quelle place pour la création contemporaine dans cette « réorientation » ? La question reste posée.
- Ce qui ressort du conseil municipal du 12 octobre, Nice Premium
- L’élection de Pierre Ippolito invalidée, Cannes Tendances, 9 octobre 2026
- Pourquoi Éric Ciotti peut cumuler un temps ses mandats, LCP, 31 mars 2026
- David Lisnard démarre son troisième mandat, Cannes Actus, 23 mars 2026
- Maison des artistes de Cagnes-sur-Mer, Grasse Mat’, 26 août 2026 (d’après Art Côte d’Azur)

